Chapitre 12 : " Ne paniquez-pas !", le confinement c'est inspirant, par Salomas


Aujourd'hui, l'heure est grave ! 
Le président a parlé à toute la France. Cela n'était jamais arrivé avant, j'entends par-là de mémoire d'homme encore vivant (sauf peut-être de mémoire de très vieux grand-père avec toute sa tête, mais ça ça n'existe pas, je crois ?)
Le président l’a dit quatre fois : « Nous sommes en guerre ». Et en plus il a ajouté : « Ne paniquez pas » ! Oui c'est sûr, c'est vraiment très, très, très grave.
Moi, je sais que si on veut me faire peur et qu'on me dit « panique Salomas, c'est un ordre ! » ça ne me fait pas peur, et comme je n'aime pas qu'on me donne des ordres, alors je fais le contraire et je rigole bien fort.
Par contre si on me dit « ne paniquez pas » alors là c'est carrément flippant !… 
Tenez, je vous donne un exemple qui éclairera votre lanterne si vous en avez une :

Un jour, alors qu' il était tout petit et qu'il ne savait même pas marcher, mon petit frère Kéké était assis sur le carrelage et une idée farfelue (comme il y en a deux par minute) lui est passée sur la tête : « Et si je lévitais dans les airs », s’est-il dit (j’analyse a posteriori bien sûr).
Il a donc posé ses mains et ses avant-bras sur le sol, décollé son popotin et ses genoux, et attention, c’est là que ça devient costaud !, il est monté en équilibre parfait avec les jambes dans Lézères. Et il est resté comme ça immobile comme un gymnaste de compette ou un vieux yogi de derrière les fagots : ils appellent ça la posture du scorpion ! 
J'ai vu ça sur Internet : c'est cool Internet on apprend plein de choses, ça remplacera d'ailleurs bientôt l'école.
Bref revenons à nos moutons ou plutôt à notre petit scorpion : le danger avec le scorpion c'est le venin et le venin ici c'est la chute. 
Imaginez (mais pas trop quand même) que vous avez quelques mois, ne savez pas marcher et que soudainement touché par la grâce de la sagesse divine transcendantale venue tout droit du fin fond de l'origine des temps à l'époque du big-bang… Imaginez donc que vous vous mettiez à l'éviter dans les airs au-dessus du carrelage… 
Surtout « ne paniquez pas !» et alors là, vlam , paf, vous vous exploser le pif dans le carrelage et vous dites merci à la foutue sagesse transcendantale venue du fin fond de la bêtise qui fait léviter mais ne sait pas faire atterrir !
Je vous comprends certes mais vous vous trompez : le responsable de la dureté du carrelage, du nez écrabouillé, de la piqûre de scorpion, de la vie dure et injuste, de mon cartable et du prof de musique tout pourris,… ce n'est pas la sagesse transcendantale venue tout droit du big-bang, non c'est la parole de celui qui a dit le premier : « Ne paniquez pas ! ». 
Parole de Salomas, na !