Chapitre 13 : Mon journal de bord "Confiné poil au nez!", par Kezios


Jour 0 : c'est le grand jour ! Je décrète solennellement qu'aujourd'hui est le jour 00 de l’an 000 de la nouvelle ère « pré-post-apoplacliptique » (C'est Sasa qui l'appelle comme ça, à peu près).
Et je vais donc tenir un journal quotidien ! 
Comme celui d’Anne Frank. 
Pour ceux qui se posent la question comme moi au début, je vous précise : Anne Frank n’est pas une star de rock, c'est le titre du livre que Salomas doit lire au collègel (ça ne ne rigole pas là-bas).
Et bien moi je vais faire plus fort que de lire « leur foutu bouquin » (c’est comme ça qu’elle l’appelle Salomas). 
Je vais en écrire un ! Et pas n’importe lequel. Et autrement plus intéressant. Et à même pas dix ans et demi. Et sans avoir une tête grosse !
Alors débouchez grand vos oreilles et écarqullez bien les yeux : 
Mon journal quotidien servira à toutes les générations futures… s’il y en aura, ce qui n’est pas sûr du tout ? Sinon il servira pour tous les collégiens des planètes extraterrestres qui l’étudieront en cours (et il y en aura toujours des extraterrestres, ce n’est pas la fin de l’univers non plus, pas de panique) et pour les touristes extraterrestres qui viendront avec leurs pauvres enfants gémissants martyrisés pour visiter notre monde exterminé. 
Je dis pauvres enfants gémissants martyrisés parce que je suis sûr que ce sera comme pour nous avec Mamas et son enthousiasme gagateux, quand elle joue à la touriste et nous traine dans les ruines gréco-romaines de «  Navarre et Triffoullis-les-Orteils » (2 sites réputés du monde entier, d’après ma soeur).
Donc… youpi, c’est parti, mon journal !

Jour 1 : Nous voici déjà confinés depuis un jour, pour très longtemps, pour une durée qui ira loin, jusqu’à la fin, la fin du monde, la fin des temps !
C’est cool, super cool. Je suis en vacances, en vacances à vie ! 
Fini l’école, fini les devoirs, fini le maître qui ne fait que critiquer ma coiffure. C’est un raciste des cheveux longs, il dit tout le temps que je suis mal coiffé et que je dois aller chez le coiffeur. Il est certainement un peu jaloux comme m’a dit Mamas parcequ’il n’a plus qu’un seul cheveu sur son caillou.
Donc je disais : vive les vacances ! Vive les gracieuses matinées, la télé gogo, les jeux sur le portable de Salomas, les bonbons dans le lit en lisant mes BD…!

Jour 2 : toujours cool, trop BG (note de moi : BG= beau gosse, comme moi, sans me vanter : c’est Mamas qui le dit tout le temps).

Jour 3 : cool

Jour 4 : Catastrophique, ouaich ouaich ouaich  bof bof pas cool du tout. Je vous raconte. D'abord je n'ai plus de bonbons ! Ensuite je me levé tranquille ce matin. Il était midi. C'est vrai c'est tard : j'avais profité de la nuit pour lire des bédés et manger les derniers bonbons de ma cachette secrète. J'allais prendre mon petit déjeuner. Mamas, elle, qui est restée réglée comme une horloge, avait préparé le repas du midi et s'apprêtait à manger. C'est là que tout a dérapé, à cause de Salomas : elle a dit que c'était vraiment n'importe quoi. En une seconde, elle a tout gâché : mes gracieuses matinées, ma télé à gogo, mes vacances à vie et que cetera. Oui ça n'a pas traîné : Papas a dit que je ne pouvais pas continuer comme ça, qu'il fallait trouver une solution et il est parti aux toilettes pour réfléchir. 
Ce n'est pas fini : Mamas n'a pas attendu que Papas sorte des toilettes pour trouver la solution. Elle m'a fait un grand discours : pas celui de « Kéké le petit chouchou à sa Mamas » qui agace ma sœur, non celui que Salomas la sadique adore le plus, quand on me fait la morale. 
Mamas m'a dit en me regardant avec son regard qui fait croire à la gentillesse pour mieux cacher la pilule :
« Nous devons nous ressaisir Kezios, il ne faut pas nous laisser aller à la torpeur, à la tristesse, à la décrépitude et aux bourrelets (là elle parle pour les siens : elle n'arrête pas de nous en parler de son bourrelet invisible, une espèce « d'hallucination dégénérationnelle » comme l'appelle Sasa).
Et Salomas la traître m'a tenu aussi son discours de grande sœur sage qui ne sait faire que la morale : bla-bla-bla bla-bla. Elle abuse, il n'empêche : je l'ai bien vu se faire des sandwiches en cachette avec du fromage et du Nutella et retourner vite fait bien fait dans sa chambre pour les manger en discutant avec son portable et ses copines !

Jour 5 : Mamas m'a réveillé à 8h00 ce matin avec un nouvel emploi du temps. Fini la liberté, les gâteaux, les bonbons au lit (je les ai tous mangés de toute manière), les matinées gracieuses ! La nouvelle ère « pré-post-apoplaclyptique », c’est super nul en fin de compte !
Cela ressemble plus à la dictature de « Tintin chez les Picaros » (excellent livre que je vous recommande) qui vient de m'inspirer un petit poème : « confiné, ennuyé, écrabouillé, ratatiné, révolté ! »

3ème mois : Aujourd'hui c'est le grand jour du déconfinement !
Je sais que j'ai un peu laissé tomber mon journal quotidien : mon emploi du temps était trop chargé. Et puis ce n'est pas du tout l'ère pré-post-apoplaclyptique finalement. Ce sera peut-être une autre fois donc.
Je retourne à l’école. Vive l'école, les copains, ma chevelurei vol-au-vent, les bonbons au lit de ma cachette secrète grâce a Grand-Mamas qui va bientôt m'en redonner… Mais n'en parlez surtout pas à Mamss, cela la mettrait en colère et c'est mauvais pour sa santé, merci pour elle.
Au fait, j'ai trouvé une fin pour mon poème. Ce sera la morale de mon histoire (pour faire rire les extraterrestres) :
« Déconfiné, libéré, masqué, rigolez ! » 
Parole de Kéké, poil au nez